Tricheries généralisées : la mascarade de la présidentielle malienne

Le premier tour de la présidentielle malienne, qui s’est déroulé le dimanche 29 juillet, a été entaché par de multiples tricheries qui décrédibilisent très largement les résultats du scrutin. Un bourrage d’urnes généralisé au service de l’élite au pouvoir.

A man casts his vote during Mali’s presidential election in Timbuktu, Mali, July 28, 2013. REUTERS/Joe Penney (MALI – Tags: ELECTIONS POLITICS TPX IMAGES OF THE DAY) ORG XMIT: FOR03

Rien ne changera au Mali au terme du scrutin présidentiel. Quel que soit le vainqueur du second tour de l’élection, qui opposera le président sortant Ibrahima Boubacar Keïta à son opposant Soumaïla Cissé (avec qui il a longtemps gouverné), c’est le statu quo qui sortira gagnant de l’élection.

Les tenants du système politique, qui voit depuis trente ans les mêmes personnalités se succéder au pouvoir (quand il ne s’agit pas de se le partager), ont réussi leur coup ! Des tricheries généralisées ont permis de qualifier deux tenants du « club des ex », ces anciens ministres de la même génération (baby-boomers) qui confisquent le pouvoir depuis le début des années 1990.

Pour prolonger le plaisir (et le supplice des Maliens), le système a utilisé les grands moyens au terme d’un premier tour de présidentielle marqué par les tricheries. Un peu partout à travers le pays, des témoins ont fait état d’urnes bourrées par les militants du président IBK.

Des bourrages d’urnes qui ont même été généralisées dans certaines régions comme Gossi, Menaka, Taoudeni, Tessalit, ou Dire, où de nombreux témoins ont révélé que les urnes avaient temporairement enlevées, avant d’être restituées… pleines de bulletins de vote.
Les bourrages d’urnes ont été tellement massives que le nombre total de votants (pourtant très faible avec moins de 40% de participation) est supérieur au nombre de cartes d’électeurs retirées avant le scrutin. Des cartes d’électeurs indispensables pour voter… En théorie.

On ne parlera même pas des morts, revenus à la vie pour apporter leurs voix au président sortant… ou des personnes ayant déménagées et qui ont continué à voter dans des régions très favorables à IBK. Sans parler de ce candidat, Mohamed Aly Bathily, qui s’est étonné de n’avoir reçu aucune voix dans son village d’origine… où résident pourtant de nombreux membres de sa famille.

Autant d’anecdotes qui ne dévoilent qu’une partie de la réalité d’un scrutin biaisé dès son origine par un président qui n’a jamais été prêt à se soumettre à des élections libres et transparentes dans lesquelles il n’aurait eu guère de chances de l’emporter.