Black Friday 2018 : pourquoi une telle folie ?

Pour le plus grand bonheur de tous les accrocs au shopping et aux économies, le Black Friday s’exporte des États-Unis pour arriver depuis quelques années dans nos boutiques. Mais plus que d’offrir des rabais sur la mode et les vêtements, le Black Friday, une journée de super soldes post-Thanksgiving, s’impose partout en France dans de multiples enseignes, tel que le domaine de la high-tech, de la haute couture et même dans les banques. 

Black Friday 2018

Un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, journée inconnue il y à quelques années, il est impossible de passer à côté en 2018. Une véritable tendance née sur internet avec l’arrivée du Black Friday sur la plateforme Amazon depuis 2013. On peux comprendre l’engouement, puisque la journée offre une sensation de ventes privées avant les soldes d’hiver et donc avant les déstockages. Le black Friday profite de la rude concurrence de l’e-commerce pour s’installer dans les enseignes physiques, obligées de suivre le mouvement pour rester dans la course aux profits et bénéficier de leur part. À juste titre, puisqu’une étude réalisée par le Centre for Retail Research (CRR) apporte un chiffre d’affaire colossal estimé à plus de 5 milliards d’euros dépensés en France pour l’occasion.

Cette années, des réductions sont attendues ce vendredi mais également sur la semaine entière dans certaines enseignes, et à un mois de Noël, c’est le lancement idéalement placé pour les achats anticipés. Un nouveau rite de consommation dans lequel de nombreux domaines sont concernés, des réductions sur les produits haut de gamme, des produits de beauté, la décoration, le textile ou l’équipement de la maison. Le Black Friday s’appliquera également sur les titres de transports, certains produits bancaires et même chez les concessionnaires automobiles. Il sera difficile de passer à côté de ces bonnes affaires, le martelage médiatique est intense, la communication est stratégiquement omniprésente.

Mais le Black Friday n’est pas à proprement parler un jour de soldes, les enseignes ne sont pas autorisée à revendre à perte. Elles vont donc profiter d’une hausse de la fréquentation de leurs établissements sans pour autant appliquer une baisse de leurs marges, alors que le consommateur, lui, pense faire de bonnes affaires. En s’allouant un budget pour l’occasion, il se laisse tenter par des achats compulsifs . La responsable d’étude et de développement de l’Observatoire société et consommation, Agnès Crozet, a scruté ce mode de consommation et indique que ” l’arrivée de black friday brouille le rapport des consommateurs aux prix et de la vraie valeur d’un objet , c’est l’arrivée d’une énième journée de promotion “.

En effet, une multitude de rabais tout au long de l’année qui commencent à lasser certains acheteurs et à créer un véritable questionnement sur le mode de consommation de chacun. Un mouvement initié en 2017, le Green Friday, incite même à transformer le Black Friday en une journée de sensibilisation à une consommation plus responsable.