Test de l’iPad Pro 10,5 pouces : La tablette tactile arrive enfin à maturité

Avec le nouvel iPad Pro 10,5 pouces et iOS 11, Apple détient enfin la bonne formule pour faire de sa tablette un véritable outil de production, voire une alternative à l’ordinateur.

En 2010, Steve Jobs présentait l’iPad comme l’emblème de l’ère «post-PC», un appareil d’un nouveau genre censé enterrer l’ordinateur traditionnel. Le fondateur d’Apple avait juste sept ans d’avance. Jusqu’à présent, en effet, l’iPad s’est limité au rôle de moyen de divertissement, assez bon pour lire des vidéos, exécuter des jeux et consulter des sites Web. Moins bien équipé pour le traitement de texte, le dessin et les applications professionnelles. Les choses ont commencé à évoluer l’an dernier avec l’iPad Pro première formule. Ecran géant en haute résolution, grosse puissance de calcul, possibilité d’utiliser un stylet et clavier optionnel pour la saisie de texte: il était clair qu’Apple entendait faire de sa tablette un véritable outil de travail. Aujourd’hui, le nouvel iPad Pro de 10,5 pouces enfonce le clou. Pas forcément en raison de son format intermédiaire (il est à peine plus grand que l’iPad classique de 9,7 pouces), mais parce qu’Apple a profité de l’occasion pour améliorer son produit et revoir de fond en comble son logiciel système.

iPad Pro 10,5 pouces.

Très rapide et précis

Le nouvel iPad Pro que nous avons pu tester en avant-première marque évidemment une évolution. Avec son grand écran de 10,5 pouces remarquablement lumineux et son poids incroyablement léger (470 g), l’appareil est particulièrement agréable à prendre en main. De la taille de deux iPad mini (alors que l’iPad Pro 12,9 pouces logeait deux iPad classiques), il affiche une belle résolution de 2224×1668 points (contre 2048×1536 pour l’iPad de 9,7 pouces) et se paie le luxe de doubler sa vitesse de rafraîchissement (120 Hz au lieu de 60 Hz), ce qui se ressent dans le défilement des pages Web et dans l’utilisation du stylet, encore plus naturelle. Très rapide avec son processeur A10X en 64 bits, encore plus précis que l’iPad Pro précédent, il constitue d’abord un superbe outil de dessin pour les graphistes.

Mais ce sont surtout les nouvelles fonctions de iOS 11, qui sortira officiellement cet automne, qui en font un outil de production original, capable de rivaliser avec les tablettes Windows et même, dans une certaine mesure, avec les MacBook… Surtout depuis que ces derniers ont perdu une quantité d’équipements (lecteur de carte SD, sortie vidéo, connecteurs USB standard, MagSafe, prise Ethernet, lecteur de DVD, etc.).

L'iPad et iOS 11 s'ouvrent au glisser-déposer.

Un gestionnaire de fichiers

Avec cette nouvelle version, l’iPad se présente comme une sorte de Mac simplifié. On peut ajouter autant d’icônes qu’on le souhaite au dock, faire glisser et déposer d’une application à une autre des photos, des adresses web ou des portions de texte, ou partager l’écran facilement et naviguer dans les aperçus des applications ouvertes. Plus symbolique: une nouvelle application, Files, permet de gérer directement les fichiers, localement et sur divers services en ligne, et même de transférer en une seule opération plusieurs fichiers d’un emplacement à un autre. Une petite révolution pour l’iPad, qui s’affranchissait jusqu’à présent de la notion de fichiers, se limitant à identifier les photos, les vidéos et les morceaux de musique. On notera au passage que pour la première fois de son histoire, iOS offre davantage de fonctions à l’iPad qu’à l’iPhone. Et que le système multiplie les incursions dans de nouveaux domaines, comme la réalité augmentée qui a marqué les esprits lors de la conférence du 5 juin dernier. En exploitant au mieux les composants de l’iPad (capteurs de mouvement, accéléromètre, gyroscope, caméra), Apple réussit à rendre naturelle la superposition d’objets 3D dans l’environnement réel, ce qui ouvre des perspectives inédites pour les jeux, bien sûr, mais aussi pour les applications d’architecture, de décoration, et laisse envisager de nouvelles manières de concevoir les catalogues de vente en ligne d’articles de maison.

En faisant converger les logiciels systèmes de l’iPad et du Mac, Apple adopte une démarche comparable à Microsoft, qui depuis plusieurs années propose le même Windows pour ses tablettes et ses PC. À vrai dire, la marque à la pomme n’a pas vraiment le choix. Pour réagir au déclin du marché et contrer l’offensive des tablettes hybrides exploitant Windows, Apple devait explorer de nouveaux usages. Toujours en tête du secteur avec 24,6% du marché selon IDC, l’iPad a connu un recul de 13% de ses ventes entre 2016 et 2017. Apple doit aussi reprendre l’initiative face aux Chromebook de Google qui grignotent des parts de marché aux MacBook, notamment auprès des étudiants américains. Une étude IDC révèle en effet qu’aux États-Unis, Dell, HP et Lenovo ont vendu 2 millions de Chromebook au premier trimestre 2016, dépassant les ventes de Mac estimées à 1,76 million d’unité. Or, pour les étudiants, l’iPad peut se révéler un bien meilleur choix que le MacBook, surtout dans sa nouvelle version.

La réalité augmentée sur iPad Pro 10,5 pouces.

Pas spécialement bon marché

À 739 euros, l’iPad Pro n’est pas spécialement bon marché, mais il reste quand même deux ou trois fois moins cher qu’un MacBook. Si l’on accepte de renoncer aux connecteurs USB, aux possibilités de personnalisation et aux bidouilles que permet macOS, l’iPad Pro est un excellent compromis pour saisir du texte avec Pages ou Word, pour créer des tableaux avec Number ou Excel, naviguer sur Internet et rédiger des mails ou encore pour exécuter toutes sortes d’applications spécialisées, de plus en plus nombreuses sur iOS. Il se met en marche plus rapidement qu’un Mac, pèse bien moins lourd et sa batterie dure plus longtemps. Sa puissance de calcul lui permet de faire du montage vidéo, de la composition musicale, de la retouche d’images et de la création graphique. Et il suffit de l’équiper d’un clavier (179 euros chez Apple, 139 euros chez Logitech) pour retrouver les sensations d’un mini portable. Nous sommes en 2017. L’ère du post-PC peut commencer.

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Professeur de français, je suis également rédactrice pour inktomi.fr. J'écris principalement pour la partie High Tech qui m'intéresse particulièrement, mais il m'arrive aussi de poster sur d'autres sujets au gré de mes envies.