Soupçons de corruption: Al-Khelaïfi va s’expliquer en Suisse

A sa demande, Nasser Al-Khelaïfi, président de beIN Media et du Paris SG, va s’expliquer ce mercredi à Berne devant la justice suisse, qui le soupçonne d’avoir corrompu Jérôme Valcke, ex-N.2 de la Fifa, pour l’attribution des droits de diffusion de deux Coupes du monde.

Que lui reproche-t-on?

C’est donc en qualité de patron de beIN Media que le Qatari de 43 ans, proche de l’émir de son pays, est inquiété. La justice suisse a révélé le 12 octobre l’ouverture d’une enquête pour «corruption privée» présumée dans l’attribution des droits médias des Coupes du monde 2026 et 2030, visant Al-Khelaïfi, corrupteur présumé, et Valcke, corrompu présumé.

Le ministère public de la Confédération (MPC) a dans les faits, et en toute discrétion, lancé sa procédure le 20 mars 2017 et supervisé une opération «coordonnée», menée simultanément en France, en Grèce, en Espagne et en Italie.

Pour le volet français, le 12 octobre, les bureaux parisiens de la chaîne de télévision qatarie beIN Sports ont été perquisitionnés par les services du parquet national financier (PNF) français.

Le lendemain, une villa à Porto Cervo, marina de carte postale en Sardaigne, estimée à 7 M EUR, a été perquisitionnée et saisie par la police italienne. Cette dernière soupçonne que cette résidence «constitue le +moyen de corruption+ utilisé par Nasser Al-Khelaïfi (…) à l’encontre (de Jérôme Valcke) pour acquérir les droits télévisés» incriminés.

Quelle est sa défense?

Nasser Al-Khelaïfi ne s’est pas exprimé publiquement depuis le 12 octobre et réserve ses explications au MPC à Berne mercredi. Me Francis Szpiner, son avocat, avait expliqué mercredi dernier que son client «souhaitait être rapidement entendu à sa demande par le ministère public de la confédération suisse ».

Les grandes lignes de défense de celui que tout le monde appelle Nasser dans le milieu du football sont connues.

«Pourquoi Nasser Al-Khelaïfi aurait-il voulu corrompre Jérôme Valcke ?», avait ainsi lancé un proche, assurant que beIN Media n’avait pas de concurrent pour l’acquisition des droits concernés par l’enquête pour les zones Afrique du Nord et Moyen-Orient.

De son côté, un porte-parole du groupe audiovisuel exposait que le contrat passé avec la Fifa était «le plus avantageux possible» pour la haute autorité du football.

C’est donc cet argumentaire que «NAK» devrait dérouler à Berne, «contestant toute corruption», comme l’avait répété Me Szpiner.

Valcke a déjà été entendu par la justice suisse et s’est également défendu de tout délit ou toute infraction. «Je n’ai rien reçu de Nasser», a clamé dans L’Equipe le Français de 57 ans, déjà suspendu, par la Fifa, pour dix ans de toute activité liée au football, pour d’autres affaires.

D’autres tracas en vue?

Nasser n’est pas seulement dans le collimateur de la justice civile suisse. La justice interne de la Fifa, celle là même qui a suspendu dix ans Valcke, a indiqué avoir ouvert le 13 octobre une enquête préliminaire concernant le boss de beIN Media.

Un autre organe sportif s’intéresse à lui, pour d’autres motifs cette fois. L’UEFA enquête ainsi depuis la fin du marché des transferts pour savoir si le PSG a enfreint ou non le fair-play financier (FPF). Sont visés le recrutement de Neymar et Kylian Mbappé pour les sommes records de 222 M EUR (payés pour le transfert du premier en provenance de Barcelone) et 180 M EUR (dans le cadre d’un montage pour un prêt de Monaco).

Le FPF stipule qu’un club ne doit dépenser plus qu’il ne gagne, même s’il est adossé à un actionnaire/mécène richissime, comme le Qatar, propriétaire du PSG par le biais d’un fonds d’investissement depuis l’été 2011.

Comment Nasser vit-il tout ça? Il faut se contenter de ce que disent les joueurs du PSG, comme Thiago Motta, qui confiait récemment: «très bien, comme toujours. Il est proche de l’équipe, ça fait du bien au groupe de l’avoir à nos côtés.»

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Auteur sur le Magazine inktomi.fr depuis 2015, je partage ma passion pour le monde high tech en rédigeant des articles traitants de technologie principalement. Passionné de technologie depuis très jeune, j’ai fais mes premiers pas dans ce monde dès la sortie de mon bachelor en science économique. Au plaisir d’échanger.