Entre Fed et BCE, la Bourse de Paris toujours accro aux banques centrales

Tout juste fixées sur la Fed, la Bourse de Paris et ses voisines européennes se préoccupent déjà de ce que fera la BCE en octobre, d’autant que les rendez-vous majeurs sont peu nombreux la semaine prochaine.

«Les investisseurs ne s’attendent pas à des surprises» la semaine prochaine et, «à défaut d’échéances plus importantes, les banques centrales restent un sujet de réflexion majeur», estime auprès de l’AFP Isabelle Mateos y Lago, directrice générale au BlackRock Investment Institute.

«Après la Fed cette semaine, la prochaine grosse question pour les places boursières sera la Banque centrale européenne» et sa réunion du 26 octobre, souligne également auprès de l’AFP Vincent Juvyns, un stratégiste de JPMorgan AM.

Les investisseurs n’ont pourtant pas de doute sur le fait que la Banque centrale européenne va s’engager sur le voie d’une sortie du programme de soutien à l’économie. Mais les questions sont encore nombreuses sur la forme concrète que cela prendra, et l’actualité des prochaines semaines sera sans doute analysée à travers ce prisme.

A commencer par les indicateurs et notamment les chiffres d’inflation en zone euro en septembre. La confiance économique est aussi attendue ainsi que deux baromètres allemands, le moral des entrepreneurs (Ifo) et celui des consommateurs (GfK) en septembre.

Côté américain, l’agenda n’est pas clairsemé non plus, avec des indicateurs immobiliers et la confiance des consommateurs en septembre.

A Londres, la place, toujours entravée par la hausse de la livre, devra se contenter de la troisième et dernière estimation de la croissance britannique pour le deuxième trimestre.

Élections allemandes

Les marchés européens s’intéresseront aussi aux élections allemandes dimanche. L’incertitude porte sur le profil du gouvernement, car la chancelière Angela Merkel aura besoin d’un, voire de deux partis pour former une majorité de coalition.

Mais ce scrutin n’alimente pas les inquiétudes. Et plus globalement d’ailleurs, même si les craintes liées à la Corée du Nord n’ont pas complètement disparu des radars boursiers, l’optimisme est plutôt de mise ces derniers temps sur le continent européen.

«Depuis un mois, la Bourse de Paris a réalisé l’une des meilleures performances de la zone euro. Cela reflète une économie française qui va mieux et un contexte politique porteur pour la France qui est l’un des rares pays à déployer actuellement un programme de réformes», analyse Mme Mateos y Lago.

La semaine écoulée n’a pas fait exception avec un indice parisien qui s’est approché des 5.300 points.

La politique monétaire a également été la principale préoccupation de la semaine, avec une réunion de la Fed qui a annoncé sans surprise qu’elle allait commencer à réduire les liquidités injectées massivement après la crise de 2008 pour soutenir le système financier.

La surprise s’est nichée pour les marchés dans le nombre de relèvements de taux directeurs envisagées par la banque centrale, qui a maintenu son scénario d’une hausse d’ici la fin de l’année et de trois autres en 2018.

Ce calendrier n’était pas vraiment intégré par les marchés, «mais cette légère surprise n’a toutefois pas donné lieu à des mouvements de marché majeurs», nuance M. Juvyns.

La tonalité positive de l’institution par rapport à l’économie américaine a dans un premier temps aidé l’euro à refluer un peu face au dollar mais l’effet s’est vite dissipé et la vigueur de la monnaie unique reste une source d’inquiétude sur les marchés européens.

«Cette forte appréciation de l’euro est à la fois le reflet du dynamisme de la zone euro mais également des doutes sur la capacité de la Fed à normaliser sa politique et sur celle de l’administration Trump à concrétiser ses réformes fiscales», développe Mme Mateos y Lago.

Mais selon elle, «cette dynamique devrait sans doute arriver à son terme, la Fed ayant rassuré sur le fait qu’elle empruntait clairement le sentier du resserrement monétaire».

Dans ce contexte, les résultats des entreprises européennes «seront scrutés avec encore plus d’attention, observe M. Juvyns, pour mesurer l’impact de cette poussée de l’euro dans les comptes des entreprises» et vérifier que cela «ne pourrait pas empêcher la BCE d’emboîter le pas à la Fed».

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Rédacteur en chef du site inktomi.fr spécialiste des nouvelles technologies. Il publie des actualités liées au high tech, au web et les smartphones. Il est actuellement Gérant de la société inktomi, une agence web basée Aix-En-Provence.